Périnée Sacré

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mercredi 20 octobre 2032

Le périnée, quelle drôle d'idée!

Le périnée, quelle drôle d'idée!

Pourquoi s'intéresser au périnée? Cette partie de notre corps est la racine secrète de notre être. Source de jouissance ou de souffrance, inexplorée, cachée, anesthésiée parfois même honteuse, ou délicieusement sensible…

Siège secret du désir chez l’être humain, c’est de ce petit point entre le sexe et l’anus que prend naissance la vibration qui nous rend vivant.

Les alchimistes de tout poils, yogis, taoïstes et autres chercheurs d’absolu, n’ont eu de cesse d’affiner leurs sensations pour d’abord ressentir ce flux énergétique, et ensuite opérer en eux la transmutation qui le fait couler vers le cerveau, inondant celui-ci de l’élixir des Dieux, et conférant à son hôte une légendaire jeunesse éternelle.

La Kundalini, la lovée, serpente mythique des textes sanscrits, comme le fier dragon du jardin des Hespérides dans la mythologie grecque et le serpent (encore!) qui charme Ève dans la bible… à mots plus ou moins couverts tous les textes sacrés évoquent cette énergie serpentine, sinueuse et presque indomptable. La promesse de sa maîtrise entraîne immanquablement l’accès à des contrées paradisiaques nous élevant à coup sûr au-dessus de la fange qui est le lot du commun des mortels.

Le périnée, dans cette géographie humaine à laquelle nous convient ces saintes écritures, c’est le jardin d’Eden tant convoité. Le serpent quant à lui symbolise le désir, cette énergie tangible que l’on peut apprendre à dompter pour accéder à l’arbre qui porte les fruits de l’immortalité, au-delà de ceux de la connaissance du bien et du mal, ce cadeau fait à Ève par son tentateur.

En offrant le fruit à Ève, le serpent l’a fait se redresser, elle, animal inconscient à quatre pattes sur la Terre. Par cette nouvelle posture, une première mutation s’opère, lui permettant accéder au statut d’être conscient. C’est cette verticalité qui éveille à la conscience, elle nous donne une direction : de la matière vers l’esprit. Et dans ce processus, le périnée acquiert une place centrale. L’énergie de la Terre remonte vers le ciel par les deux jambes d’abord, partie du voyage que nous avons en commun avec les animaux. Elle se rassemble ensuite en un point concentré et précis au niveau du périnée, point de départ énergétique et physique de notre aventure humaine.

Heureusement, certaines traditions sont plus loquaces que la bible. Le yoga, et le tao nous ont laissés des exercices bien tangibles pour accéder nous aussi aux états extatiques de la conscience divine.

Notre corps est un vaisseau pour notre conscience, et le périnée en est le poste de pilotage. Il ne tient plus qu’à nous d’apprendre à conduire pour nous diriger vers les étoiles…

mercredi 5 octobre 2011

Peri Ineo... considérations étymologiques

Périnée.

Du grec Peri Ineo, autour de l'entrée. Mais quelle est donc cette mystérieuse entrée?

C’est l’entrée dans le monde de chaque bébé humain à la naissance, encadré par les muscles et les tissus de sa mère qui lui ouvre ainsi la porte vers l’univers des vivants. Entrée dans le monde, Entrée dans la vie, donc.

Peri Ineo. Autour de l’entrée. Lové tel un serpent prêt à se dresser. Avec leur kundalini, les indiens ne sont pas les seuls à décrire ainsi la racine énergétique de l’être. En occident aussi, autour des portes du paradis, dragons et serpents s’enroulent à la base de l’arbre de vie. La vie, toujours. L’arbre qui symbolise l’humain redressé sorti de l’Eden en abandonnant son statut d’animal. Le périnée c’est donc aussi la première porte vers la conscience par laquelle on accède à une humanité érigée, désirante et jouissante, à l’image de ce serpent qui s’enroule autour de l’arbre du bien et du mal comme les frissons de l’orgasme autour de la colonne vertébrale. Entrée dans la conscience, Entrée dans la jouissance.

Enfin le périnée est lieu d’excrétions. Urines, fèces, sang menstruel, sperme. Ce qui sort de nos corps, et aussi ce que nous sommes capable de retenir. Nous laissons s’écouler ce qui nous a nourris sans nous combler. Mais que la maladie s’installe et le corps se liquéfie par le bas. C’est à la fange, à la boue primordiale qu’il choisit de retourner. Le périnée retient les organes, les fluides et les matières qui nous sont utiles. Sa tension, sa vibration, la bonne irrigation de ses tissus permet de conserver ce que le corps reconnaît comme sien. C’est en quelque sorte le douanier de géographie intérieure. Un bon tonus périnéal est la marque d’une jeunesse vivante qui s’approprie une part du monde et ne lui rend que ce qui ne lui appartient pas. Soi/ Non-soi.

L’entrée dans l’être, dans la forme, dans l’esprit. Un périnée puissant, une porte qui se verrouille bien, défie un temps le poids de la gravité nous épargnant un retour prématuré vers la gèlbe originelle.

Peri Ineo, autour de l’entrée, autour de la porte sacrée de l’humanité.

mardi 19 octobre 2010

Shankaprakshalana

Conche_Small.jpg Shankaprakshalana, de shanka: conche, et prakshalana: nettoyage, donc éthymologiquement le nettoyage de la conche. Cela fait référence au trajet que fait l'eau salée dans l'intestin pour le nettoyer, un peu comme l'eau de mer à l'intérieur d'une conche. Ils sont poétiques, ces yogis! Shankaprakshalana fait partie des techniques de purification interne du kriya yoga. C'est un processus de nettoyage des intestins qui consiste à boire une certaine quantité d'eau tiède et salée , à la faire circuler à travers le tube digestif grâce à des postures de yoga appropriées, et à la faire ressortir de manière parfaitement physiologique... sur les toilettes. Cette eau va entrainer avec elle tous les déchets qui auraient pu s'accumuler dans l'intestin, le laissant aussi vierge que celui d'un nouveau né. Après shankaprakshalana on se sent léger, comme neuf, le ventre souple et plat, et après deux ou trois jours on découvre l'énergie d'un corps libéré des aléas d'une digestion difficile.

Concrètement, comment ça se passe? Il faut prévoir une journée assez tranquille la veille, où l’on va peu manger, et une journée entièrement consacrée à shankaprakshalana. Car si le processus dure environ 4h, après il recommandé de se reposer, de ne pas agir, voire même de dormir si le besoin s'en fait sentir. De plus comme l'élimination peut se prolonger un peu, c'est bien d'avoir des toilettes à proximité!

Avant:

Pour ma part, je prends environ une semaine pour m'y préparer, en faisant des asanas tous les matins, et d'autres techniques de purification comme kunjal kriya, jalal neti, tratak... Je fais attention à ce que je mange. Pas de sucre, de viande, d'alcool, de produits laitiers (ça c'est pour moi, car les indiens sont grands consommateurs de produits laitiers), de produits contenant des levures (comme le pain), que des produits bio, naturels, et exempts de conservateurs, ce qui implique de se faire à manger soi-même. Je me prépare aussi mentalement à ce grand nettoyage interne. C'est un peu comme une cérémonie, une manière de laisser derrière soi, pas uniquement les toxines physiologiques, mais aussi les vieilles émotions inutiles, les anciens schémas de pensée dépassés. Les yogis pratiquent shankaprakshalana deux fois par an aux changements de saisons, au début de l’automne, et du printemps. Il n'est pas indispensable de faire une préparation aussi poussée, le mode de vie à l'occidentale rendant difficile autant d'implication, cependant, un régime sain et prendre conscience que l'on fait plus qu'un nettoyage physique sont, je pense, une bonne base.

La veille, on peut soit manger léger (bouillons, fruits et légumes), et ne plus rien avaler après 17h, soit carrément faire une journée de jeûne. C'est aussi l'occasion de se recentrer, et de faire le bilan de ce que l'on veut purifier aux niveaux mental et émotionnel. D'un point de vue pratique, s'assurer que l'on ne sera pas dérangé le lendemain, prévoir suffisamment de sel et de bouteilles d'eau (l'eau de ville n'étant pas de super qualité chez moi, je préfère utiliser de l'eau minérale) et prendre une demi-heure pour apprendre les quatre asanas de shankaprakshalana.

Le jour même:

Après une bonne nuit de sommeil, on est fin près pour démarrer le processus. Celui-ci pouvant être fatiguant et un peu déboussolant, je sais que je n'aurais pas envie de faire la cuisine après. Je commence donc par préparer du kitcheree: du riz blanc et des lentilles corail mélangés avec du cumin et du curcuma (attention, pas de sel) dans une casserole, avec de l'eau. Je laisse tout cela tremper pour ne plus avoir qu'à le faire cuire une fois shank' terminé.

Puis on peut enfin passer aux choses sérieuses. Faire chauffer l'eau et y mélanger le sel de manière à ce qu'elle ai la température d'un bon bouillon. Pour un litre d'eau, j'ajoute une cuillère à soupe rase de sel de mer (ben oui pour bien nettoyer la conche, il faut que cela ressemble à de l'eau de mer!) Pour ceux qui ne supportent pas le sel, j'ai lu quelque part que l'on pouvait effectuer shankaprakshalana avec un bouillon de poireau, mais je n'ai pas testé moi-même. Grâce à la pression osmotique de la paroi intestinale, l'eau salée ne traverse pas, et n'est donc pas drainée par les reins, ce qui lui permet de nettoyer l'intestin avant d'être éliminée par voie rectale.

Vient ensuite le moment de boire le premier verre, un grand verre d'environ 200ml. On pratique ensuite les 4 asanas (voir l'encart plus bas) qui vont permettre de faire circuler l'eau dans l'intestin. On recommence dans la foulée avec un deuxième verre suivi des asanas, puis à l'identique jusqu'à avoir bu six verres d'eau salée. Il faut alors s'arrêter de boire et aller aux toilettes. Si rien ne se passe, on peut refaire les asanas sans boire à nouveau. Si le siphon n'arrive toujours pas à s'amorcer, on peut pratiquer sarvangasana et halasana, la chandelle et la charrue (depuis la chandelle poser les pieds derrière la tête), ou shirshasana, le trépied (posture sur la tête à pratiquer contre un mur). Dans cette situation, je pratique aussi chandra namaskar (la salutation à la lune), une série inversée, peut-être un peu complexe pour des non-yogis ( http://www.youtube.com/watch?v=QBffP8trBs8 ) Lorsque l'on s'est vidé, il faut se rincer l'anus à l'eau tiède, et l'enduire de ghee ou d'huile de sésame. Cette lubrification à répéter entre chaque vidange permet d'éviter que l'excès de sel ne provoque une inflammation de la muqueuse anale des plus inconfortable!

Après la première élimination de selles, on recommence à boire un verre, suivi des asanas. Il est très recommandé à ce stade là de faire les asanas juste à côté des toilettes, le besoin de se vider pouvant se faire très très pressant! On continue à alterner verre d'eau salée, asanas, vidange jusqu'à ne plus éliminer que de l'eau marron clair. Pour moi, il faut compter entre 15 et 20 verres, et le processus prend environ 4 heures. Les yogis expérimentés ne s'arrêtent pas avant d'avoir obtenu une eau aussi claire que celle qu'ils viennent de boire... Par contre la première fois, il est même difficile d'arriver à un résultat exempt de tous résidus. Donc il est important d'user de discernement, d'écouter son corps, et d'arrêter lorsqu'on sent que ça suffit pour cette fois-ci. Shankaprakshalana est une technique assez élaborée, que l'on ne réussit pas forcément de manière parfaite dès la première tentative, il convient donc d'être patient avec soi-même. De même, il faut savoir que ça nettoie bien plus que le corps physique, et que durant le processus, on peut passer par toutes sortes d'émotions (tristesse, désespoir, colère, sentiment d'échec...) Il ne faut pas s'alarmer, avec l'élimination, tout ça rentre dans l'ordre, et on fini par en ressortir rudement fier d'avoir un intestin aussi propre! Lorsque l'on décide que l'on a obtenu un résultat qui nous convient, il faut arrêter le siphon, ce qui peut se faire de deux manières. Soit en pratiquant kunjal kriya (boire encore deux grands verres d'eau, sans sel cette fois, et se faire vomir en chatouillant le fond de la gorge avec l'index et le majeur), soit en ne faisant rien. Si l'on choisi cette deuxième méthode on continuera à se vider pendant encore un certain temps. Quoiqu'il arrive, il est ensuite très important de ne pas boire pendant les deux heures qui suivent la fin de shankaprakshalana, sans quoi on continuerait de se vider. C'est parfois difficile car l'eau salée donne très soif.

On peut ensuite lancer la cuisson du khitcheri. Il doit être bien cuit jusqu'à former une sorte de bouillie, à laquelle on ajoutera une bonne dose de ghee, ou d'huile vierge (j'ai une petite préférence pour l'huile de noix). Cela va permettre de lubrifier la paroi de l'intestin qui est maintenant propre et libre de tous les déchets précédemment accumulés. Les épices du khitcheri (cumin et curcuma) fournissent les minéraux nécessaires au bon redémarrage du processus de digestion, et quant au mélange céréale/légumineuse, c'est un moyen de nourrir le corps avec des protéines végétales facilement assimilables. Si l'appétit est là ne pas hésiter à manger de manière conséquente. Par contre il est important de ne surtout pas ajouter de sel, et de s'en abstenir pendant une semaine pour contrebalancer la forte consommation pendant shank'. Le repas du soir sera aussi composé de khitcheri auquel on peut ajouter un légume bien cuit (éviter les choux, les oignons et toutes sortes de légumes dont la digestion vous est difficile). Durant la semaine qui suivra on ne consommera pas de sel, de sucre, de viande rouge, d'alcool, de produits laitiers, de levures, de conservateurs et de produits préparés. On bannira aussi tous les excitants (café, chocolat...) Le jour de shank' et le lendemain, il ne faut pas pratiquer d'asanas, éviter l'exercice au maximum, et prendre soin de ne pas attraper froid, car l'intestin est encore tout sensible. On se sent vraiment comme un nouveau né. Il est d'ailleurs normal que les premières selles après shankaprakshalana ne réapparaissent que trois jours plus tard et qu'elles ressemblent à celles jaunes-dorées des bébés! Une fois que le processus est terminé, on peut occuper sa journée en méditation, car qui dit intestin propre dit esprit clair, et méditer devient beaucoup plus facile, s'en est presque magique. On peut aussi s'essayer au yoga nidra, technique de relaxation profonde qui permet entre autre de faire des voyages astraux (je vous laisse chercher sur internet), ou tout simplement dormir si c'est ce que le corps demande.

  Les Asanas:

en vidéo ( http://www.youtube.com/watch?v=FKPNBUd_up4 )

Tiryaka tadasana : (le palmier qui se balance) Debout, les pieds à largeur d'épaules, on croise les doigts devant soi, puis on retourne les mains vers le plafond en étirant au maximum les bras au dessus de la tête. Dans cette posture on se penche latéralement à gauche puis à droite en regardant devant soi. On répète le mouvement 4 fois de manière fluide sans s'arrêter au milieu. Cet asana permet d'ouvrir le pilore, la jonction entre l'estomac et le duodénum, et d'amorcer ainsi le siphon qui fait entrer l'eau salée dans l'intestin. Si au bout de deux ou trois verres d'eau on ressent des nausées ou une pesanteur au niveau du plexus, c'est que l'eau est restée dans l'estomac. Il convient donc de répéter cette posture jusqu'à ce que cela passe.

Kati chakrasana : (la torsion debout) Debout, les pieds à largeur d'épaules, et les bras en croix, on se tourne vers la gauche en ramenant la main droite sur l'épaule gauche, et en regardant l'extrémité de la main gauche. Puis sans s'arrêter au milieu, on reproduit le même mouvement vers la droite. A répéter 4 fois aussi. Cet asana et le suivant permettent la progression de l'eau à travers l'intestin grêle et l'ouverture de la valve iléo-caecale.

Tiryaka bhujangasana : (le cobra en torsion) Allongé sur le ventre, les mains à hauteur d'épaules, et les orteils recourbés. On redresse le buste en se tenant sur les mains et les orteils. Puis on tourne la tête pour regarder le pied droit par dessus l'épaule gauche puis inversement, sans s'arrêter au milieu. Répéter 4 fois.

Udharakarshanasana : (l'étirement abdominal) Accroupi, les talons à l'extérieur des cuisses, on pose le genou gauche devant le pied droit. Puis en tournant légèrement le buste vers la droite, on presse la main droite sur la cuisse droite, de manière à compresser le colon ascendant. On reproduit la posture vers la gauche de manière à presser le colon descendant. Répéter 4 fois. Pour les autres postures le côté de démarrage n'a pas d'importance, mais pour celle là il est important de commencer à droite, de manière à faire circuler l'eau dans le colon, de droite à gauche.

Après:

A la suite de shankprakshalana, il se peut que les goûts aient changés, un corps propre étant plus à même de reconnaître selon il a réellement besoin. Les fringales de sucres, l’envie de nourritures lourdes et peu saines se font moins présentes. C’est donc un moment idéal pour implémenter des changements de régime alimentaire en profondeur. Idéalement le régime de la semaine qui suit shank’ (pas de sucre, de viande rouge, d'alcool, de produits laitiers, de levures, de conservateurs, d’excitants et de produits préparés) servira de base, le sel pouvant être réintroduit à la fin de la semaine. En cas de maladie auto-immune, il peut être bénéfique de s’y conformer religieusement pendant quelques mois, le bénéfice étant souvent une rémission plus ou moins complète. Dans les autres cas cela peut rester une ligne directrice à suivre de manière plus ou moins stricte. Un tel régime réduit grandement les fermentations intestinales. La suppression des produits préparés évite de surcharger le corps de substances qu’il ne sait ni assimiler ni éliminer complètement. Le changement de régime peut se limiter à cela pour commencer. Cela implique donc de se faire à manger! Prendre soin de soi en se nourrissant, devenir sa propre mère et se préparer de bons petits plats. Faire la cuisine nous connecte à la Terre, à la réalité matérielle de toute cette vie qui a du pousser et grandir avant d’arriver dans notre assiette. C’est aussi une des pratiques spirituelles qui m’a le plus transformée. Faire la cuisine peut se transformer en célébration et en une méditation intense. Tous les sens sont stimulés et l’on s’ancre plus facilement dans le moment présent. Lorsque l’on prend conscience de la beauté de ce que la nature a à nous offrir pour nous nourrir, on devient facilement emplis de gratitude devant tant de délices. Et que d’amour pour nous-même pouvons nous développer en répétant cette célébration jour après jour. Marier les saveurs, faire preuve de créativité, décorer joliment l’assiette finale, prendre le temps de ranger pour que tout soit propre et beau, parfois partager le fruit de notre travail... c’est bien plus que notre corps de chair et de sang que nous nourrissons ainsi!

Ces nouvelles habitudes alimentaires se doivent d’être un plaisir et non une corvée. Si cela s’avère trop difficile, mieux vaut continuer à manger n’importe quoi que de s’imposer des règles austères et frustrantes. Car les pensées négatives, la frustration, l’autoflagellation sont bien plus néfastes pour l’organisme que de manger au fastfood trois fois par semaine avec des amis ou de se régaler de desserts absolument pas diététiques mais néanmoins délicieux!

On peut choisir de ne faire que de tout petits changements, comme se préparer un repas sain une fois par semaine, en en faisant une fête et une célébration. Être doux et bienveillant envers soi même est la clef d’une métamorphose en profondeur.

Shankprakshalana apporte aussi de grands changements dans le rapport à son propre corps. Le trajet des aliments devient tangible, beaucoup moins mystérieux lorsque l’on pratique shank’. On sent l’eau passer à travers tout le système digestif. On prend conscience des différentes valves qui s’ouvrent et se ferment pour assurer le traitement efficace des substances nutritives, de tous les processus chimiques qui on lieu en chemin. Notre corps est une étonnante machine!

Passer sa journée sur les toilettes dans cette espèce d’extrême intimité avec soi-même nous libère progressivement de toute répugnance vis à vis de la défécation. Le caca devient juste ce dont le corps n’a pas besoin, et que nous rendons à la Terre par l’élimination. Sans les excréments, la Terre serait un caillou aride, privé de toute vis. Ces résidus dont nous n’avons pas besoin, ce rebut de ce que nous avons ingéré pour maintenir la vie en nous, est en fait un fabuleux trésor qui fertilise les sols et permet au cycle de la vie de prospérer.

Enfin lorsque l’on se vide, souvent des émotions remontent. Sur le moment il ne faut pas hésiter à les exprimer. Sur le long terme, shank’ inscrit en nous de manière concrète cette réalité d’un intestin siège de multiples émotions. L’intestin est notre interface la plus intime avec le monde extérieur. C’est là que se fait le tri entre ce qui sera assimilé et deviendra notre corps, notre substance, et ce qui sera rejeté et offert à la Terre. Cela s’exprime du niveau le plus physique par l’excrétion des selles, au niveau le plus spirituel en passant par celui des émotions et des idées.

Grâce à shank’ au fur et à mesure de la pratique on expérimente tout cela. Ce n’est plus une vue de l’esprit. On perçoit par exemple qu’une certaine rigidité mentale est liée à la contraction de certains muscles qui rendent la défécation difficile, alors que l’incapacité à marquer son territoire, à ne pas se laisser envahir par les autres, sera plutôt matérialisée par une faiblesse sur une autre chaîne musculaire. On pourrait apprendre toutes ces relations par cœur sans trop de succès. La magie d’une pratique comme shankprakshalana est qu’elle permet d’en faire l’expérience intimement, et de prendre confiance dans le fait que nous avons en nous toutes les informations nécessaires à une évolution vers plus de joie et de bien-être.